Derrière Elleanor de Provence

Qui es-tu ?

Je suis Sarah Gabel, fondatrice de la marque Elleanor de Provence. 


D’origine franco-britannique, je suis maman de 2 enfants, exilée de Paris à Aix en Provence. J’ai toujours adoré le secteur de la mode d’un point de vue artistique.

Malheureusement, aujourd’hui c’est un domaine qui a totalement été dénaturé. C’est le deuxième secteur le plus polluant et les consommateurs achètent tellement de vêtements que 70% d’entre eux ne sont jamais portés. Pour l’amour des jolies matières, de l’artisanat et de la qualité, j’ai imaginé Elleanor de Provence autour de mes valeurs éthiques et responsables. Éditées en série ultra limitées, les pièces de la marque s’inscrivent dans une logique de « Less is more » – Consommer moins mais mieux. 

Avant tout, la marque souhaite, à travers mes collections, revenir aux valeurs d’hier, aux valeurs essentielles.

Pourquoi Elleanor de Provence ?

Ma mère m’a toujours sensibilisé aux vêtements de qualité. Petite, elle me montrait souvent son dressing. Elle avait peu de vêtement qu’elle gardait toujours très longtemps. Elle connaissait l’histoire de ses vêtements, à quelles occasions ils avaient été portés. Lorsqu’un vêtement était abîmé, elle réparait ou lui donnait une seconde vie.

J’étais très admirative parce qu’elle avait beaucoup de style sans pour autant accumuler une tonne de pièces dans son dressing Je pense que la clef c’est qu’elle assumait des vêtements qui correspondait à son style et à son identité. Elle n’était pas dans la course à la dernière pièce tendance.

Avec l’arrivée de mes 2 enfants, j’ai eu comme un déclic sur mon rôle à jouer sur le monde de demain. Avec Elleanor de Provence, j’ai voulu agir, à ma petite échelle pour contribuer à un monde plus respectueux de l’Environnement. La manière de consommer de ma mère qui consistait à apprécier la valeur de ses biens me plaisait.

J’ai voulu créer Elleanor de Provence autour de ses valeurs.

Elleanor de Provence c’est un fort engagement envers le recyclage des vêtements. Rien ne se perd, tout se recrée ! Pour aller plus loin que le recyclage, dans une conscience écologique et une volonté d’intervenir dans le cycle de vie du produit, j’ai mis en place un programme d’upcycling novateur :

Voir le détail de l’Opération.

Rien ne se perd, tout se recrée !

Qui est Elleanor de Provence ?

« Elleanor de Provence fait référence à la reine Elleonore, figure emblématique qui devint Reine d’Angleterre au Moyen-Âge, bouleversa les codes et s’imposa comme une figure féminine. »

Elleanor pour Elleonore à l’existence hors du commun qui devint reine d’Angleterre. Franco-Britannique comme moi, je l’ai également choisie car elle était une femme aux multiples atouts. Elle bouleversa les codes et s’imposa comme une figure féminine.

Provence, car aujourd’hui je vis en Provence, ma région coup de cœur. La proximité avec la nature, la lumière ou encore la chaleur de vivre me donne la force d’entreprendre et l’inspiration nécessaire pour mes collections.

La marque s’adresse aux femmes indépendantes, passionnées et engagées qui veulent affirmer leur différence sans compromis sur la qualité.

Symbole de l’élégance féminine, la robe Femme et Enfant est la pièce phare de la marque. Elle est revisitée chaque saison avec des coupes à la fois rétro et dans l’air du temps.

Depuis combien de temps aviez-vous pour projet de monter votre entreprise ?

J’ai lancé Elleanor de Provence avec une campagne de Crowfunding Ulule qui m’a permis de tester & lancer mon projet. Étant fille et femme d’entrepreneur, cela fait très longtemps que je rêvais de monter mon entreprise sans oser me lancer. 

Je connaissais aussi tout l’envers du décor, les heures qu’on ne comptent pas, ce sentiment d’avoir toujours une multitude de tâches à accomplir. Monter une entreprise, c’est comme grimper l’Everest. Il faut beaucoup d’endurance pour parvenir à atteindre le sommet et beaucoup de retours en arrière pour arriver à grimper plus haut. 

Mais en même temps, cela me plaît d’être de pouvoir prendre en main mon destin, j’étais déprimée en tant que salariée dans mon ancienne entreprise.

Je n’étais plus à la bonne place. 

Je voulais être actrice et participer à dessiner le monde de demain, de façon positive. 

Qu’est-ce qui a été le plus compliqué dans la construction de votre entreprise ?

Le plus compliqué & le plus long pour moi a été de prendre la décision de me lancer. Ensuite, quand j’ai une idée en tête je suis travailleuse et fonceuse. 

Ayant un parcours en Ressources Humaines et Commerce, j’ai suivi des cours chez Dfea.Fais-ta-mode avec une super prof pour me former au stylisme : Dessin de Mode, Dossiers techniques et Gammes de montage. J’ai toujours été fan de mode avec une sensibilité aux matières que j’ai toujours su deviner au toucher. Mais cela ne suffisait pas, je voulais comprendre les règles de la création et du montage d’un vêtement pour pouvoir échanger avec l’atelier de confection avec lequel j’allais travailler.

J’aime beaucoup dessiner même si je ne me considère pas comme artiste. Je pense qu’adulte, notre créativité est brimée. On nous dit que le dessin est réservé aux enfants. 

Mais avec le dessin, tout est possible…On peut faire naître tout style de vêtement. 

Ensuite, il a fallu sourcer les tissus, rencontrer les bons fournisseurs et trouver le bon atelier. 

J’ai toujours privilégié la proximité. Je voulais m’entourer des bons partenaires qui parle le même langage et valeurs que moi.  C’est la raison pour laquelle j’ai choisi le Made in France et travailler avec un atelier à taille humaine en France. J’ai préféré aussi l’Upcycling en majorité pour les tissus car j’aime cette idée donner une seconde vie à ce qui existe déjà pour ne pas puiser dans les ressources de notre Nature.

Cette phase est la plus longue finalement.

Aujourd’hui, la création d’entreprise est ensuite assez facile. On peut se créer en un clic, se faire accompagner, créer son site E-commerce soi-même..etc  

Si vous pouviez recommencer à zéro est-ce que vous changeriez quelque chose ?

Je crois que je m’écouterais davantage. 

Quand on démarre, les conseils fusent par des personnes plus ou moins experte dans la création d’entreprise. Il faut arriver à prendre du recul dans les conseils donnés surtout quand on prend certaines décisions stratégiques.

Parfois, j’ai voulu suivre certains avis qui n’étaient pas forcément très bons. 

Finalement je pense que ce qui marche, c’est de suivre sa propre intuition et surtout se faire confiance à 300%. Peu importe le chemin pris pour arriver à son objectif. Si on est déterminé, on y parvient. 

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

J’aime pouvoir toucher à tout et apprendre constamment par moi-même. Finalement, cela a toujours été le cas.

Plus jeune, je suis allée à l’université pour étudier la Psychologie – là où j’étais prédestinée à faire une école de commerce. 

Mon entourage me disait que c’était une voie « de garage ». Pourtant, je n’ai jamais autant appris et j’ai eu mon diplôme avec Mention Bien.

J’ai très bien réussi dans le monde professionnel ensuite. 

Je parle de cette période car je retiens vraiment le mode d’apprentissage qui nous obligeait à aller chercher par nous même dans les livres, contacter les bons experts…etc

C’est exactement la même chose dans le fait d’être chef d’entreprise. 

Il faut être responsable de toutes ses actions et rien n’arrive tout seul. Il faut contacter, s’entourer des bonnes personnes, tester, fouiller certaines actions. J’aime la possibilité de toucher à tout : créer, gérer la communication, la vente, la comptabilité…etc

Si on ne peut être expert dans tout, il faut surtout bien connaître ses forces et faiblesses pour solliciter et s’entourer des bonnes personnes dans les domaines où on se sent moins à l’aise. 

Quels sont les avantages et les inconvénients du fait d’avoir sa propre entreprise ? 

Avoir sa propre entreprise permet de développer un projet avec sa vision du monde et en ce sens, c’est très épanouissant. On est aux commandes de la trajectoire que l’on veut donner à son entreprise. 

Mais au démarrage, cela nécessite beaucoup d’investissement à déployer en termes d’énergie. 

Heureusement, j’ai été très soutenue car mon mari est à son compte et connaît tous les enjeux dans le fait d’être entrepreneur. C’est lui qui m’a poussé à quitter mon job et me lancer. Et surtout on se sert les coudes dans les moments difficiles, il me conseille et me soutient.  

Le fait d’être une femme vous a-t-il pénalisé dans la construction de votre entreprise ?

Je ne dirais pas qu’être une femme m’a vraiment pénalisé dans le développement de mon activité. 

Mais, le fait d’être une femme, en plus maman de 2 enfants en bas âge, m’a amené très souvent à entendre des remarques très discriminantes et culpabilisantes : « C’est un petit projet de filles » 

« C’est irresponsable de monter une entreprise en ayant des enfants à gérer. » « Pourquoi tu montes un projet avec des enfants si petits ? Je ne vois pas comment tu peux y arriver, c’est impossible ».

Or, ce genre de remarques me donne encore plus de forces. Pour moi le fait d’avoir un travail qui me correspond participe à mon équilibre.

Ma famille sera toujours ma priorité mais ce travail me permet de m’épanouir. Les deux vont ensemble. 

Un conseil à donner aux femmes qui souhaitent monter leur entreprise ?

Si vous avez un rêve, foncez ! C’est important d’aller au bout de ses idées et même si, demain cela n’aboutit à rien, l’expérience de entrepreneuriat est toujours enrichissante. 

Et surtout, il ne faut pas hésiter à faire parler de soi, communiquer et oser. 

Le plus important est d’avoir confiance en soi et garder ce qui fait la différenciation et la plus value de son projet.  

Est-ce que vous avez des projets concernant votre entreprise ? Lesquels ?

Aujourd’hui, nous vendons en ligne et nous nous déplaçons au domicile de nos clientes pour permettre d’essayer les robes en vente privée dans le cadre d’un moment convivial (d’un apéro ou d’un café) sans le stress des magasins. Ces évènements sont également l’occasion d’échanger, d’avoir les retours des clientes, de partager nos valeurs et d’apporter notre conseil sur ce qu’est une marque responsable mais aussi d’aider au recyclage des vêtements qui dorment dans les penderies.

Mais je voudrais aller plus loin. 

Le plus gros projet concernant l’entreprise est d’intégrer à terme un atelier – boutique où les clientes pourraient voir la fabrication des vêtements et où l’on pourrait les conseiller dans l’essayage des vêtements, le tri et le recyclage mais surtout leur donner de l’information sur les critères d’une marque de mode responsable.  

Une citation qui vous inspire ?

“Un rêve sans étoiles est un rêve oublié”

Paul Eluard

Pour en apprendre encore plus :

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