Femme Inspirante : Interview de Sophie Lauret, Cofondatrice de Comme Avant Bio

Sophie Lauret, Cofondatrice de Comme Avant
  • Votre prénom, nom, ville, âge, signe distinctif 

Sophie Lauret, Marseille, 32 ans, maman de 2 garçons, 3 ans et demi et 1 an

  • Que faites-vous dans la vie ? Votre histoire ? Parcours ?

Avant d’avoir mon fils aîné, j’ai vécu l’expérience d’une fausse couche. Je faisais déjà très attention à mon alimentation. Mais avec la grossesse de mon fils ainé qui a suivi cet Evénement difficile, j’ai décidé de redoubler de vigilance et de faire encore plus attention à ma consommation en générale, pour moi et mon futur enfant. A l’arrivée de mon garçon, j’ai donc voulu utiliser des produits avec le moins d’ingrédients néfastes à l’intérieur. Dès ses premières semaines, mon fils a eu des plaques rouges, de l’eczéma du nourrisson. J’ai alors essayé plusieurs marques pour tenter de les faire disparaître.

J’ai cherché les produits les plus simples, sans parfum, sans colorant. J’ai testé plusieurs produits qui ne donnaient aucun résultat puis le savon de Marseille mais c’était trop asséchant pour sa peau de bébé. Alors mon conjoint Nil s’est souvenu de ses cours de chimie de l’époque et m’a proposé de créer un savon par saponification à froid avec seulement de l’huile d’olive bio.

Le premier test a tout de suite été probant. Au bout de quelques jours d’utilisation, nous avons noté un changement radical avec une disparition progressive des plaques de notre fils.

Quelques semaines plus tard, pour son baptême, nous avons décidé d’offrir ce savon aux invités. A notre grande surprise, ils nous ont rapidement fait des retours très positifs et certains ont vite voulu être réapprovisionnés !

Sa composition était simple et permettait aussi de proposer un produit solide, sans plastique.

Auparavant, j’ai travaillé quelques années dans le domaine du tourisme. J’avais un poste en communication qui était passionnant mais qui ne correspondait pas parfaitement à mes valeurs.

Mon conjoint Nil avait déjà une entreprise dans le e-commerce, nous avons alors décidé de nous lancer dans cette nouvelle aventure pour proposer notre savon à un plus grand nombre. Nous étions heureux de pouvoir nous lancer dans une aventure qui allait dans le sens de notre envie d’entreprendre et de nos valeurs, pour consommer mieux.C’est ainsi que la marque Comme Avant est née à l’été 2017, en nous entourant de mon frère, ma sœur et mon beau-frère qui nous ont accompagnés dès les premiers jours.

·        Pensez-vous avoir une mission sur cette Terre ? Si oui, laquelle ?

Je n’ai pas la prétention d’avoir une mission. Le mot est trop fort.

Mais ce que je souhaite faire au quotidien avec Comme Avant, c’est partager nos valeurs, montrer qu’une entreprise différente est possible. On peut entreprendre et diriger une entreprise de façon éthique.

Les valeurs que l’on souhaite partager à travers notre entreprise c’est la transparence, l’équité et la solidarité.

·        Pourquoi s’être lancé dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

Mon conjoint Nil est un entrepreneur dans l’âme.

De mon côté, la maternité a été un vrai chamboulement pour moi et une réelle prise de conscience.

Nous voulions construire un projet qui correspondait à notre démarche écologique. Comme notre savon avait rencontré un succès auprès de notre entourage, nous nous sommes dit, pourquoi ne pas le proposer à un public plus large ?

Alors nous avons souhaité proposer cette alternative de consommation via la création de notre boutique en ligne et la développer à travers notre gamme de produits et la philosophie de notre entreprise.

·        Quel a été le déclic pour vous lancer dans cette aventure ?

Les problèmes de peau de notre bébé ont été le déclic. Mais je crois surtout que c’est une succession d’évènements. Beaucoup de choses auraient pu se passer différemment, mais je crois beaucoup au destin et au fait que rien n’arrive par hasard.

Notre fils a été l’élément déclencheur. C’est réellement grâce à lui que l’histoire de Comme Avant a démarré.

·        Quelles compétences clés aviez-vous avant de démarrer, indispensables aujourd’hui pour votre activité ?

Avec Nil, nous avions des compétences complémentaires, lui en Informatique et moi en communication. Pour l’informatique, cela nous a beaucoup aidé, on a internalisé cette partie et de fait, gagné du temps et de l’argent. Son expérience passée avec le site E-Commerce qu’il gérait auparavant nous a permis d’aller plus vite.

Ensuite mon frère, ma sœur et mon beau-frère ont chacun apporté leurs compétences et leurs connaissances, nous sommes tous les 5 très complémentaires.

Après, aucune compétence, n’est indispensable. Quand on croit à ce que l’on veut faire, quand on est débrouillard, quand on est prêt à demander de l’aide et solliciter les autres, on peut réussir.

Dans certains domaines, nous nous sommes fait aider. Pour toute la partie réglementaire notamment, nous avons l’aide d’un partenaire qui nous a aidé à nous structurer et à produire dans le respect des règles et des normes en vigueur.

En ressources humaines, on apprend tous les jours. Nous avons grossi très vite l’année dernière en passant de 10 à 40 salariés. Et on essaie de faire de notre mieux mais l’humain reste l’un des éléments les plus difficiles à gérer dans l’entrepreneuriat. Quand on recrute, on regarde le CV mais derrière il y a surtout une personnalité, un état d’esprit qui est important.

·        L’entrepreneuriat vous a-t-il appris des choses sur vous ? lesquelles ?

J’ai toujours voulu travailler en quelque chose en quoi je crois et l’aventure que l’on vit depuis 3 ans m’a confirmé que c’est possible. Je dirai plus que l’entrepreneuriat a confirmé ce que je savais et à quel point il était important pour moi d’être alignée avec mes valeurs.

·        Qu’est-ce qui a été le plus compliqué dans la construction de votre entreprise ?

La partie règlementaire est un des points les plus difficiles dans le secteur cosmétique. L’autre élément le plus difficile à gérer, comme déjà mentionné, c’est les Ressources Humaines. Nous sommes une entreprise familiale. Nous faisons en sorte que nos salariés se sentent bien et nous souhaitons mettre en place une politique sociale très engagée.

Mais il y a toujours des situations difficiles à gérer, il y a parfois de l’affect dans nos relations avec nos équipes et nous devons parfois prendre beaucoup de temps pour régler des problèmes.

Personnellement, j’ai un état d’esprit très positif. Lorsque je suis confrontée à un problème, l’essentiel pour moi est de trouver la solution qui va venir le régler. L’idée est de toujours tirer l’entreprise par le haut. Si nous nous trompons, nous en tirons parti et nous essayons de nous améliorer pour la prochaine fois.  

« Mais être dans les échanges avec les équipes, c’est ça qui me plait le plus. »

·        Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

Avec la croissance de l’entreprise et après avoir dû gérer tous les aspects de l’entreprise, j’ai pu me recentrer sur mon domaine de prédilection : la communication et le marketing.

Je suis de près les sujets opérationnels. Mais être dans les échanges avec les équipes, c’est ce qui me plait le plus. Nous avons la chance d’avoir des équipes impliquées et force de proposition qui nous pousse à toujours faire mieux. 

La communication interne est un vrai challenge mais est quelque chose de très intéressant également.

·        Quelles sont, selon vous, les principales qualités pour réussir en tant que femme chef d’Entreprise ?

Pour moi, il n’y a pas vraiment de différenciation entre les qualités nécessaires pour une femme ou pour un homme. Mais en ce qui me concerne, je pense que la patience et la persévérance sont des qualités qui m’aident au quotidien.

Par exemple, mon conjoint va avoir tendance à foncer et moi je préfère toujours temporiser et faire preuve de patience lorsque j’estime que c’est nécessaire.

« Cela vient aussi de la peur d’entreprendre. Dans l’image sociétale, on a rattaché l’image de chef d’entreprise à un homme.

Souvent c’est Nil qui prend la parole publiquement. Mais comme on dit, « derrière chaque grand homme se cache une femme » ! En réalité, je lui impulse beaucoup de choses. »

·        D’après vous, les femmes chef d’entreprise sont-elles peu représentées, en raison de la dualité de faire concilier vie professionnelle et vie privée ?

Oui c’est sûr, bien souvent cela peut venir de là.

Dans notre couple, par exemple, nous nous occupons tous les 2 équitablement de nos enfants. Mais, pendant le confinement, quand on regardait le planning qu’on s’était créé, c’était moi qui m’occupait davantage des enfants et qui avait moins de temps pour travailler. Les choses se sont faites comme ça car certains de ses impératifs ont pris le dessus sur les miens et parce que j’avais parfois davantage de patience pour m’occuper de nos 2 garçons.

Cela vient aussi de la peur d’entreprendre. Dans l’image sociétale, on a rattaché l’image de chef d’entreprise à un homme. Dans notre cas nous formons vraiment un binôme, j’impulse des choses et débloque parfois des situations.
Souvent c’est Nil qui prend la parole publiquement. Mais comme on dit, « derrière chaque grand homme se cache une femme » ! En réalité, je lui impulse beaucoup de choses. On en rigole souvent dans l’équipe mais quand quelqu’un veut faire changer d’avis Nil, c’est moi qu’on envoie pour le convaincre.

« J’ai toujours pensé que si l’on a suffisamment confiance en soi, cela ne doit pas nous atteindre.
Je ne suis pas militante mais dans mes valeurs je ne transigerai jamais. Il ne doit pas y a avoir de discrimination ou de différence entre les sexes, âges. Etc »

·        En quoi le fait d’être une femme peut être parfois un frein dans la vie professionnelle ? en quoi cela peut être un avantage ?

Être femme, oui cela a pu me mettre des bâtons dans les roues au début de ma carrière surtout quand j’ai commencé en tant que stagiaire. Quand on est jeune et une femme ça peut être très dur.

Mais malgré cela, je me suis toujours dit que les hommes peuvent penser ce qu’ils veulent. Je ne vis pas pour eux et je ne dois pas être déstabilisée par des remarques sexistes.

Si certains n’arrivent pas à voir plus loin qu’un âge ou un sexe, tant pis pour eux.

J’ai toujours pensé que si l’on a suffisamment confiance en soi, cela ne doit pas nous atteindre. Je ne suis pas militante mais dans mes valeurs je ne transigerai jamais. Il ne doit pas y a avoir de discrimination ou de différence entre les sexes, âges… Cela me tient à cœur.

L’autre frein lorsque l’on est une femme en entreprise, c’est bien entendu la maternité et la « peur » du congé maternité.

Chez Comme Avant, quand on a eu notre première salariée enceinte, j’étais ravie ! Et je me suis rendue compte que cela n’avait pas finalement aucun impact négatif sur l’entreprise. Concrètement, quelques mois d’absence dans une entreprise ce n’est rien. Soit on remplace la personne absente, soit on réaffecte ses tâches à des membres de l’équipe si c’est possible.

Avoir un enfant, c’est merveilleux, cela ne devrait jamais être vu comme une mauvaise nouvelle.

D’ailleurs, j’aimerai beaucoup que nous puissions rallonger le congé maternité et paternité pour nos salariés, c’est un projet qui me tient à cœur. 2 mois et demi de congé maternité c’est tellement court !

  • Vos lectures / podcasts, OU films du moment ?

Mes podcasts du moment sont autour de la maternité : Bliss et La Matrescence

·        Artiste préféré ? OU Quelle musique pour vous décrire ?

J’aime particulièrement les musiques françaises et des artistes comme Angèle ou Vianney.

  • Votre recette de plat ou dessert inratable ? 

Alors là je ne vais pas pouvoir vous répondre 😊

Je ne cuisine pas, je n’aime pas ça !

·        La personnalité que vous aimez suivre sur les réseaux ?

J’aime beaucoup suivre Yasmine (Ely Killeuse), pour son naturel, son franc-parler et sa spontanéité.

C’est une femme qui est très loin de certaines superficialités que l’on peut trouver sur Instagram.

·        Qu’est ce que le Made in France vous évoque ?

Selon moi, le Made in France est essentiel pour consommer plus local et privilégier les circuits courts.

C’est ce que l’on défend chez Comme Avant. Après chacun a son rythme.

Chaque chose qui permet d’améliorer sa consommation pour soi et pour la planète est bonne à prendre !

·        Pensez vous que la Mode/ le Style peut aller de pair avec l’Éthique / Eco Responsabilité ? 

Oui j’en suis convaincue. Mais je sais à quel point c’est compliqué de faire cohabiter mode et éthique. Dans l’amélioration de ma consommation, le textile est venu plus tard. C’est difficile, il faut trouver ce qui convient à chacun.

La mode écoresponsable est souvent perçue comme trop chère. Mais il y a d’autres alternatives comme la seconde main. Personnellement, je n’en suis que très peu adepte. De manière générale, je ne prends pas le temps de faire les boutiques alors je n’utilise que très peu Vinted par exemple où il faut chiner. Il faut fouiller et je n’ai pas le temps (sauf pour les enfants où c’est plus facile/rapide).

Mais ce que je fais plutôt, c’est que j’achète un seul vêtement tous les 2-3 mois. C’est le seul vêtement que j’aurai acheté mais je vais prendre le temps de le choisir et le garder longtemps. Je n’ai jamais été une adepte de la mode.

Mais entre aller chez H&M tous les 2 mois et acheter 10 tenues pour 150 euros qui ne tiendront pas, je préfère mettre 150 euros tous les 2 mois dans un vêtement que je vais garder longtemps.

Je suis d’avantage une adepte du Moins mais Mieux que de la Fast Fashion.

·        Une pièce préférée dans la collection Elleanor de Provence ?

La robe Alice Jaune pour laquelle j’ai d’ailleurs déjà craqué 😊

·        Une citation/phrase inspirante de fin ?

« Derrière tout homme se cache une femme ! »

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